Heures complémentaires : calcul et majoration
Les heures complémentaires sont les heures qu’un salarié à temps partiel fait au-delà de la durée prévue dans son contrat. Elles sont majorées d’au moins 10 % et ne peuvent jamais porter son temps de travail à 35 heures.
Calculer les heures complémentaires
Indiquez les heures prévues au contrat et les heures effectuées dans la semaine. Le calculateur répartit les heures complémentaires entre les taux de 10 % et de 25 % et signale un dépassement de la limite.
Règles légales à défaut d’accord : heures complémentaires limitées à 1/10 de la durée du contrat (article L. 3123-28), majorées de 10 % (article L. 3123-29). Un accord peut porter la limite jusqu’à 1/3 ; les heures entre 1/10 et 1/3 sont alors majorées de 25 %. Montants bruts.
Heures complémentaires
2 h
2 h à 10 % · 0 h à 25 %
Limite autorisée
2,4 h
1/10 du contrat
Paiement des heures complémentaires
27,08 €
dont 2,46 € de majorations
Salaire brut de la semaine
322,52 €
Heures complémentaires ou heures supplémentaires ?
Les heures complémentaires ne concernent que les salariés à temps partiel : ce sont les heures effectuées au-delà de la durée hebdomadaire ou mensuelle prévue dans leur contrat. Un salarié à temps plein, lui, fait des heures supplémentaires au-delà de 35 heures. La différence n’est pas qu’une question de vocabulaire : la limite, la majoration et le droit de refus ne sont pas les mêmes.
Le contrat de travail à temps partiel doit indiquer les limites dans lesquelles des heures complémentaires peuvent être accomplies (article L. 3123-6). C’est le premier document à relire avant d’en demander.
Combien d’heures complémentaires peut-on faire ?
À défaut d’accord, les heures complémentaires d’une semaine ou d’un mois ne peuvent pas dépasser un dixième de la durée prévue au contrat (article L. 3123-28). Un accord d’entreprise ou, à défaut, un accord de branche étendu peut porter cette limite jusqu’au tiers (article L. 3123-20).
contrat de 24 heures par semaine : 2,4 heures complémentaires au maximum, ou 8 heures avec un accord
contrat de 30 heures par semaine : 3 heures, ou moins de 5 heures avec un accord, pour rester sous 35 heures
contrat de 104 heures par mois : 10,4 heures, ou 34,67 heures avec un accord
Dans tous les cas, les heures complémentaires ne peuvent pas porter la durée du travail au niveau de la durée légale, 35 heures par semaine, ou de la durée conventionnelle si elle est inférieure (article L. 3123-9). Pour convertir un contrat hebdomadaire en durée mensuelle, multipliez par 52 et divisez par 12, comme expliqué sur notre page consacrée aux heures de travail par mois.
Majoration : 10 % puis 25 %
Chaque heure complémentaire est majorée. À défaut d’accord, la majoration est de 10 % pour les heures accomplies dans la limite du dixième du contrat, et de 25 % pour les heures entre le dixième et le tiers (article L. 3123-29). Un accord de branche étendu peut fixer un autre taux, sans descendre sous 10 % (article L. 3123-21).
Exemple : un salarié à 24 heures par semaine, payé 12,31 € brut de l’heure, travaille 30 heures, avec un accord qui autorise le tiers.
24 heures du contrat × 12,31 € = 295,44 €
2,4 heures à 10 % : 2,4 × 12,31 € × 1,10 = 32,50 €
3,6 heures à 25 % : 3,6 × 12,31 € × 1,25 = 55,40 €
La semaine est payée 383,34 € brut, dont 14,04 € de majorations. Sans accord, ce salarié n’aurait pas pu faire plus de 2,4 heures complémentaires.
Exemple avec un contrat mensuel
Les mêmes règles s’appliquent à un contrat exprimé au mois. Avec un contrat de 104 heures par mois et sans accord, le salarié peut faire au plus 10,4 heures complémentaires dans le mois. S’il travaille 112 heures, il a fait 8 heures complémentaires, toutes dans la limite du dixième, donc majorées de 10 % : au taux de 12,31 €, elles valent 8 × 12,31 € × 1,10 = 108,33 € brut.
Les erreurs les plus fréquentes viennent d’une confusion avec le temps plein : compter les heures au-delà de 35 heures au lieu de les compter au-delà du contrat, payer les heures complémentaires sans majoration, ou laisser un salarié à temps partiel atteindre 35 heures sur une semaine chargée. Une autre se voit seulement après coup : des heures complémentaires régulières, qui finissent par modifier le contrat (voir plus bas).
Délai de prévenance et droit de refus
Le salarié peut refuser des heures complémentaires s’il en est informé moins de trois jours avant, ou si elles dépassent les limites fixées par son contrat. Dans ces deux cas, son refus n’est ni une faute ni un motif de licenciement. En revanche, s’il est prévenu au moins trois jours avant et que les heures restent dans les limites du contrat, le refus peut être sanctionné (service-public.fr).
À ne pas confondre avec un changement de répartition des horaires : toute modification de la répartition des horaires d’un salarié à temps partiel doit lui être notifiée au moins sept jours ouvrés à l’avance, sauf accord qui prévoit un délai plus court, d’au moins trois jours ouvrés (articles L. 3123-31 et L. 3123-24).
Quand les heures complémentaires deviennent régulières
Si, pendant douze semaines consécutives ou douze semaines sur quinze, l’horaire moyen réellement accompli dépasse d’au moins deux heures par semaine l’horaire prévu au contrat, le contrat est modifié : l’horaire augmente de la différence, avec un préavis de sept jours et sauf opposition du salarié (article L. 3123-13). Ainsi, un contrat de 24 heures passe à 27 heures si le salarié fait en moyenne 27 heures sur douze semaines et ne s’y oppose pas.
Pour augmenter la durée de travail de façon ponctuelle, un accord de branche étendu peut aussi prévoir des compléments d’heures par avenant au contrat, dans la limite de huit avenants par an et par salarié, hors remplacement d’un salarié absent nommément désigné (article L. 3123-22).
Suivre les heures complémentaires semaine par semaine
Les heures complémentaires se comptent à partir des heures réellement faites, pas du planning prévu. Dans Shiftbase, les heures travaillées sont pointées depuis l’application et rapprochées des heures du contrat de chaque salarié : les heures au-delà du contrat apparaissent pendant la période, avant la clôture de la paie.
Questions fréquentes
Une heure complémentaire est une heure de travail faite par un salarié à temps partiel au-delà de la durée prévue dans son contrat. Elle ne concerne pas les salariés à temps plein, qui font des heures supplémentaires au-delà de 35 heures.
Pour calculer les heures complémentaires, retirez la durée du contrat des heures réellement effectuées dans la semaine, puis appliquez la majoration : 10 % jusqu’au dixième du contrat, 25 % au-delà si un accord autorise le tiers. Pour un contrat de 24 heures, 2 heures complémentaires au taux de 12,31 € valent 2 × 12,31 € × 1,10 = 27,08 € brut.
La limite des heures complémentaires est d’un dixième de la durée prévue au contrat, ou d’un tiers si un accord collectif le permet. Elles ne peuvent jamais porter la durée du travail à 35 heures par semaine.
La majoration des heures complémentaires est de 10 % dans la limite du dixième du contrat et de 25 % entre le dixième et le tiers, à défaut d’accord. Un accord de branche étendu peut fixer un autre taux, d’au moins 10 %.
Un salarié peut refuser des heures complémentaires s’il en est prévenu moins de trois jours avant ou si elles dépassent les limites de son contrat ; ce refus n’est pas une faute. Dans les autres cas, le refus peut être sanctionné.
Pour un contrat de 24 heures par semaine, les heures complémentaires sont limitées à 2,4 heures par semaine à défaut d’accord, et à 8 heures si un accord collectif autorise le tiers du contrat. Elles ne peuvent pas non plus porter la semaine à 35 heures.
Voir tous les termes
- Abandon de poste : que faire comme employeurIl y a abandon de poste quand un salarié quitte son travail ou ne se présente plus, sans motif légitime. Depuis la loi du 21 décembre 2022, l’employeur peut le mettre en demeure de revenir ; sans reprise dans le délai fixé, d’au moins 15 jours, le salarié est présumé démissionnaire (articles L. 1237-1-1 et R. 1237-13 du Code du travail).
- Avenant au contrat de travailUn avenant au contrat de travail est un écrit signé par l’employeur et le salarié qui modifie le contrat. Il est nécessaire dès que l’employeur veut changer un élément essentiel, comme la rémunération, la durée du travail ou la qualification.
- CDD d’usage : règles du contrat d’extraLe CDD d’usage, aussi appelé CDDU ou contrat d’extra, est un CDD réservé à certains secteurs, dont l’hôtellerie et la restauration, pour des emplois temporaires par nature. Il ne donne pas lieu à la prime de précarité ni au délai de carence, mais il reste un CDD écrit, avec un motif précis (articles L. 1242-2 et D. 1242-1 du Code du travail).
- Livret d’accueil : contenu et exempleLe livret d’accueil est le document remis au nouveau salarié pour qu’il trouve seul les réponses pratiques de ses premières semaines : organisation, planning, pointage, sécurité, règles et contacts. Aucun texte ne l’impose, mais il renvoie à plusieurs obligations de l’employeur.
- Nombre d’heures de travail par moisPour un temps plein de 35 heures par semaine, un salarié travaille 151,67 heures par mois, soit 151 h 40. Le calcul est le même pour toutes les durées : heures par semaine × 52 ÷ 12.
- OffboardingL'offboarding organise le départ d'un salarié : documents de fin de contrat, solde de tout compte, passation, accès et entretien de sortie.
- OnboardingL'onboarding est l'intégration d'un nouveau salarié, de la signature du contrat à son autonomie. Étapes, obligations légales et un exemple en restauration.
- Rapport d’étonnement : trame et exempleLe rapport d’étonnement est un court document qu’une nouvelle recrue rédige après quelques semaines : ce qui l’a surprise, ce qui lui a manqué, ce qu’elle changerait. Le manager s’en sert pour améliorer l’accueil et l’organisation.
- Registre unique du personnelLe registre unique du personnel liste, dans l’ordre des embauches, tous les salariés d’un établissement. Il est obligatoire dès le premier salarié (article L. 1221-13 du Code du travail) et ses mentions se conservent cinq ans après chaque départ.
- Soft skillsLes soft skills sont les qualités relationnelles et comportementales. Lesquelles comptent selon le poste et comment les évaluer en entretien.
- Solde de tout compte : contenu et délaisLe solde de tout compte est le document que l’employeur établit à la fin de tout contrat de travail pour faire l’inventaire des sommes versées au salarié. Signé et non dénoncé dans les six mois, il devient libératoire pour les sommes qui y figurent (article L. 1234-20 du Code du travail).
- Travail le dimancheLe travail le dimanche dans le commerce : repos dominical, dimanches du maire, zones touristiques, majoration et volontariat, et ce que cela change pour votre planning.
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