Rémunération des jours fériés
Un jour férié chômé est payé dès trois mois d’ancienneté. Travaillé, il est payé au taux normal, sauf le 1er mai, payé double. Toute autre majoration vient de la convention collective.
Mis à jour le :
Un jour férié chômé est payé comme un jour normal au salarié qui a au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise (article L. 3133-3 du Code du travail). Un jour férié travaillé est payé au taux habituel, sans majoration imposée par la loi, sauf le 1er mai : le salarié qui travaille ce jour-là touche le double (article L. 3133-6). Toute autre majoration, tout repos en compensation, vient de la convention collective, d’un accord d’entreprise ou du contrat de travail.
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Le Code du travail compte onze fêtes légales (article L. 3133-1) : le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai, le 8 mai, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet, l’Assomption, la Toussaint, le 11 novembre et Noël. Leurs dates pour chaque année sont sur notre page des jours fériés en France. Ici, il s’agit de ce que l’employeur doit payer ces jours-là, selon qu’ils sont chômés ou travaillés.
Le 1er mai : chômé, payé, et payé double s’il est travaillé
Le 1er mai est le seul jour férié chômé par la loi pour tous les salariés (article L. 3133-4). Son chômage ne peut entraîner aucune réduction de salaire, et les salariés payés à l’heure, à la journée ou au rendement reçoivent une indemnité égale au salaire perdu, à la charge de l’employeur (article L. 3133-5). Aucune condition d’ancienneté ne s’applique.
Seuls les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent pas interrompre le travail peuvent faire travailler leurs salariés le 1er mai. Ceux qui travaillent reçoivent, en plus du salaire correspondant au travail accompli, une indemnité égale à ce salaire (article L. 3133-6). Le Code ne dresse pas la liste de ces activités ; service-public.fr cite les hôpitaux et les transports publics. En cas de doute pour votre activité, les services du ministère du Travail en région peuvent vous renseigner.
Exemple : un cuisinier de clinique le 1er mai
Un cuisinier employé par une clinique, payé 13 € brut de l’heure, travaille 7 heures le vendredi 1er mai 2026. Il touche 7 × 13 = 91 € pour son travail, plus une indemnité de 91 €, soit 182 € pour la journée. Son collègue en repos ce jour-là ne perd rien sur son salaire mensuel. En 2027, le 1er mai tombe un samedi : un salarié qui ne travaille jamais le samedi n’a alors ni indemnité ni jour de repos en plus.
Les autres jours fériés chômés : le salaire maintenu après trois mois
Pour les dix autres jours fériés, la loi ne fixe pas lesquels sont chômés. C’est un accord d’entreprise ou d’établissement ou, à défaut, la convention de branche qui les définit (article L. 3133-3-1), et sans accord, l’employeur (article L. 3133-3-2). Quand un jour férié est chômé, le salarié qui a au moins trois mois d’ancienneté ne perd aucun salaire (article L. 3133-3). Les heures non travaillées ce jour-là ne se récupèrent pas (article L. 3133-2).
La règle couvre les CDI comme les CDD. Les salariés saisonniers en bénéficient s’ils cumulent trois mois d’ancienneté dans l’entreprise, en un ou plusieurs contrats. Elle ne s’applique pas aux personnes travaillant à domicile, ni aux salariés intermittents. L’intérimaire, lui, est payé pour le jour férié chômé indépendamment de son ancienneté, dès lors que les salariés de l’entreprise utilisatrice en bénéficient (article L. 1251-18) et que le jour tombe pendant sa mission (service-public.fr, fiche F2405).
Un salarié embauché depuis moins de trois mois, encore en période d’essai par exemple, n’a pas de droit légal au maintien de son salaire pour un jour férié chômé autre que le 1er mai. Beaucoup de conventions collectives suppriment ou réduisent cette condition : vérifiez la vôtre avant de retenir une journée sur la paie.
Quand le jour férié tombe un jour de repos
Un jour férié chômé qui tombe un jour où le salarié ne travaille pas habituellement, un samedi ou un dimanche pour une semaine du lundi au vendredi, ne donne droit à aucun jour de congé en plus (service-public.fr, F2405). Il n’y a pas non plus de salaire perdu, donc rien à compenser. Une convention peut prévoir mieux. En 2026, cela concerne l’Assomption, un samedi, et la Toussaint, un dimanche. En 2027, le 1er mai, le 8 mai et Noël tombent un samedi, l’Assomption un dimanche.
Travailler un jour férié ordinaire : pas de majoration légale
Hors 1er mai, un jour férié qui n’est pas chômé dans l’entreprise se travaille comme un autre jour. La loi n’impose aucune majoration : le salarié est payé au taux habituel pour les heures faites. La majoration, le repos compensateur ou les deux viennent de la convention collective, d’un accord d’entreprise, du contrat ou d’un usage. Si les heures de la semaine dépassent 35 heures, les heures supplémentaires se paient comme d’habitude, que le jour soit férié ou non.
Les salariés de moins de 18 ans, apprentis compris, ne travaillent pas les jours fériés légaux (article L. 3164-6). Des exceptions existent dans l’hôtellerie et la restauration, les cafés, la boulangerie-pâtisserie, la boucherie, les fleuristes ou les spectacles, avec alors un repos hebdomadaire d’au moins 36 heures consécutives (service-public.fr, F2405).
Exemple dans le commerce alimentaire
La convention collective du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216) donne à chaque salarié six jours fériés chômés dans l’année en plus du 1er mai. Les autres jours fériés travaillés ouvrent droit, au choix du salarié, à un repos payé d’une durée égale aux heures travaillées, à prendre dans les quinze jours avant ou après, ou au paiement de ces heures au taux horaire contractuel, en plus du salaire mensuel (Code du travail numérique, fiche IDCC 2216).
Une employée de supermarché payée 12 € brut de l’heure travaille 7 heures le mercredi 11 novembre 2026, qui ne fait pas partie de ses jours chômés. Elle choisit entre 7 heures de repos payé, à poser entre le 27 octobre et le 26 novembre, ou 7 × 12 = 84 € ajoutés à son salaire de novembre. Le même jour travaillé dans une entreprise sans convention ni accord sur ce point serait payé au taux normal, sans rien de plus.
Exemple en hôtellerie-restauration
La convention des hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979) prévoit, en plus du 1er mai, dix jours fériés, dont six garantis. Le salarié qui a au moins un an d’ancienneté dans un établissement permanent, ou neuf mois dans un établissement saisonnier, est sûr d’en bénéficier : s’il travaille un jour férié garanti, il reçoit sa rémunération habituelle et un jour de repos ou une indemnité équivalente, et de même si ce jour tombe sur son jour de repos. Pour les quatre autres jours fériés, travailler donne droit à un jour de repos compensateur, sans condition d’ancienneté. Le 1er mai travaillé est majoré de 100 % (Code du travail numérique, fiche IDCC 1979).
Au 31 décembre, ou à la fin de la saison, l’employeur vérifie que chaque salarié a bien eu ses six jours garantis. Sinon, il l’informe par écrit de ses droits restants et convient avec lui, dans les six mois, d’une indemnité ou d’un repos. Un serveur de brasserie qui a travaillé le 14 juillet et le 11 novembre sans repos en échange a donc deux jours à récupérer ou à se faire payer, s’il s’agit de jours garantis. Quels jours sont garantis, et les conditions exactes, se lisent dans votre convention et ses avenants.
Temps partiel : les mêmes droits, sur ses jours de travail
Le salarié à temps partiel a les mêmes droits que le salarié à temps plein (article L. 3123-5). Il a droit au 1er mai chômé et payé, au maintien de son salaire pour les jours fériés chômés après trois mois d’ancienneté, et au double s’il travaille le 1er mai. Il n’y a pas de prorata sur le nombre de jours fériés, et l’ancienneté ne lui en donne pas davantage qu’à un salarié à temps plein.
Ce qui compte, c’est le jour de la semaine. Un jour férié chômé qui tombe un jour où il aurait travaillé lui est payé pour les heures prévues à son planning ce jour-là, qu’il s’agisse de 4, 7 ou 8 heures. S’il tombe un jour non travaillé selon son contrat, il ne perd rien et ne reçoit rien en plus.
Exemple dans une boutique
Une vendeuse à 24 heures travaille 8 heures le lundi, le mardi et le mercredi. Le lundi de Pâques 6 avril 2026 et le mercredi 11 novembre 2026 sont chômés dans la boutique : son salaire mensuel ne bouge pas, alors qu’elle ne travaille pas ces jours-là. Le vendredi 1er mai 2026 tombe sur un jour où elle ne travaille jamais : pas d’indemnité, pas de jour en plus. Sa collègue qui travaille le vendredi est payée ce jour-là sans travailler.
La journée de solidarité
La journée de solidarité est une journée de travail supplémentaire non rémunérée, qui finance l’autonomie des personnes âgées ou handicapées (article L. 3133-7). Elle vaut sept heures au plus pour un salarié mensualisé, une journée pour un salarié au forfait jours, et pour un temps partiel une durée réduite en proportion (article L. 3133-8) : 7 × 24 ÷ 35 = 4,8 heures, soit 4 h 48, pour un contrat de 24 heures.
Un accord d’entreprise ou de branche fixe la manière de l’accomplir : travailler un jour férié jusque-là chômé autre que le 1er mai, un jour de repos d’un accord d’aménagement du temps de travail, ou sept heures sous une autre forme (article L. 3133-11). Sans accord, l’employeur décide après consultation du CSE (article L. 3133-12). Ces heures ne sont ni des heures supplémentaires ni des heures complémentaires (article L. 3133-9). Le salarié qui l’a déjà faite chez un autre employeur la même année est payé pour la seconde, et peut la refuser sans faute (article L. 3133-10).
Alsace-Moselle : deux jours fériés de plus
Dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, l’article L. 3134-13 du Code du travail ajoute deux jours à la liste : le Vendredi saint, dans les communes qui ont un temple protestant ou une église mixte, et le second jour de Noël, le 26 décembre. Le même article range tous ces jours fériés parmi les jours chômés, alors qu’ailleurs seul le 1er mai l’est par la loi ; vérifiez les dérogations propres à votre activité. La journée de solidarité ne peut pas y être faite le 25 ou le 26 décembre, ni le Vendredi saint (service-public.fr, F2405). Le Vendredi saint tombe le 3 avril en 2026 et le 26 mars en 2027.
Jour férié pendant les congés payés et ponts
Un jour férié habituellement chômé dans l’entreprise qui tombe pendant les congés payés n’est pas décompté : une semaine de congé du lundi 13 au samedi 18 juillet 2026 coûte 5 jours ouvrables au lieu de 6, à cause du 14 juillet (service-public.fr, F35697). S’il est habituellement travaillé, il est décompté. Le décompte en jours ouvrés suit la même logique, détaillée sur notre page du calcul des jours ouvrés.
Le pont, une journée chômée entre un jour férié et le week-end, n’est réglementé par aucun texte : un accord ou l’employeur l’accorde. Les heures perdues peuvent être récupérées dans les douze mois qui précèdent ou suivent, sans majoration (service-public.fr, F2405). En 2026, l’Ascension tombe un jeudi 14 mai, ce qui place un pont possible le vendredi 15.
Planifier et payer les jours fériés dans Shiftbase
Sur les jours fériés, la plupart des erreurs de paie partent du planning : qui travaillait vraiment ce jour-là, qui était en repos, qui a moins de trois mois d’ancienneté. Dans Shiftbase, vous montez le planning de la semaine dans une seule vue et vous voyez avant de le publier qui est prévu le jour férié. Comme le logiciel affiche le coût de chaque service pendant que vous planifiez, vous voyez aussi ce qu’un jour férié travaillé ajoute à votre masse salariale.
Le jour même, l’équipe pointe depuis l’application ou le navigateur, et les heures pointées partent en préparation de paie avec les majorations que vous avez réglées dans Shiftbase. Votre logiciel de paie établit ensuite le bulletin à partir de ces heures validées, sans ressaisie.
Questions fréquentes
Un salarié qui travaille un jour férié n’est payé double par la loi que le 1er mai : il reçoit son salaire plus une indemnité égale à ce salaire (article L. 3133-6 du Code du travail). Pour les dix autres jours fériés, la loi ne prévoit aucune majoration ; seule la convention collective, un accord ou le contrat peut en ajouter une.
Les jours fériés chômés sont payés sans perte de salaire aux salariés qui ont au moins trois mois d’ancienneté dans l’entreprise (article L. 3133-3). Le 1er mai chômé est payé à tous, sans condition d’ancienneté (article L. 3133-5). Un jour férié qui tombe un jour de repos habituel ne donne pas de jour en plus.
Le salaire d’un jour férié travaillé se calcule comme celui d’un jour normal : heures travaillées × taux horaire. Pour le 1er mai, on ajoute une indemnité égale à ce montant : 7 heures à 13 € donnent 91 €, plus 91 € d’indemnité, soit 182 €. Pour les autres jours fériés, on applique la majoration ou le repos prévu par la convention collective, s’il y en a un.
Un salarié à temps partiel est payé les jours fériés comme un salarié à temps plein, car il a les mêmes droits (article L. 3123-5). Un jour férié chômé qui tombe un de ses jours de travail lui est payé pour les heures prévues ce jour-là ; s’il tombe un jour où il ne travaille pas, il ne perd rien et ne reçoit rien en plus.
Hors 1er mai, c’est l’accord collectif ou, à défaut, l’employeur qui décide quels jours fériés sont chômés (articles L. 3133-3-1 et L. 3133-3-2) ; un jour férié qui n’est pas chômé dans l’entreprise se travaille comme un autre jour. Les salariés de moins de 18 ans ne travaillent pas les jours fériés, sauf exceptions dans certains secteurs comme l’hôtellerie-restauration (article L. 3164-6).
Dans les hôtels, cafés et restaurants, seul le 1er mai travaillé est majoré de 100 %. Les six jours fériés garantis par la convention HCR donnent, s’ils sont travaillés, la rémunération habituelle plus un jour de repos ou une indemnité équivalente, et les quatre autres un jour de repos compensateur (Code du travail numérique, IDCC 1979).
La journée de solidarité n’est pas payée dans la limite de sept heures pour un salarié mensualisé, ou d’une durée réduite en proportion pour un temps partiel (article L. 3133-8). Elle peut se faire un jour férié chômé, le lundi de Pentecôte par exemple, mais jamais le 1er mai. Le détail est sur notre page de la journée de solidarité.
Un jour férié habituellement chômé dans l’entreprise qui tombe pendant les congés payés n’est pas décompté comme jour de congé : la semaine du 13 au 18 juillet 2026 coûte 5 jours ouvrables au lieu de 6 (service-public.fr). Le calcul complet est sur notre page du calcul des congés payés.
Voir tous les termes
- Abandon de poste : que faire comme employeurIl y a abandon de poste quand un salarié quitte son travail ou ne se présente plus, sans motif légitime. Depuis la loi du 21 décembre 2022, l’employeur peut le mettre en demeure de revenir ; sans reprise dans le délai fixé, d’au moins 15 jours, le salarié est présumé démissionnaire (articles L. 1237-1-1 et R. 1237-13 du Code du travail).
- Avenant au contrat de travailUn avenant au contrat de travail est un écrit signé par l’employeur et le salarié qui modifie le contrat. Il est nécessaire dès que l’employeur veut changer un élément essentiel, comme la rémunération, la durée du travail ou la qualification.
- CDD d’usage : règles du contrat d’extraLe CDD d’usage, aussi appelé CDDU ou contrat d’extra, est un CDD réservé à certains secteurs, dont l’hôtellerie et la restauration, pour des emplois temporaires par nature. Il ne donne pas lieu à la prime de précarité ni au délai de carence, mais il reste un CDD écrit, avec un motif précis (articles L. 1242-2 et D. 1242-1 du Code du travail).
- Livret d’accueil : contenu et exempleLe livret d’accueil est le document remis au nouveau salarié pour qu’il trouve seul les réponses pratiques de ses premières semaines : organisation, planning, pointage, sécurité, règles et contacts. Aucun texte ne l’impose, mais il renvoie à plusieurs obligations de l’employeur.
- Nombre d’heures de travail par moisPour un temps plein de 35 heures par semaine, un salarié travaille 151,67 heures par mois, soit 151 h 40. Le calcul est le même pour toutes les durées : heures par semaine × 52 ÷ 12.
- OffboardingL'offboarding organise le départ d'un salarié : documents de fin de contrat, solde de tout compte, passation, accès et entretien de sortie.
- OnboardingL'onboarding est l'intégration d'un nouveau salarié, de la signature du contrat à son autonomie. Étapes, obligations légales et un exemple en restauration.
- Rapport d’étonnement : trame et exempleLe rapport d’étonnement est un court document qu’une nouvelle recrue rédige après quelques semaines : ce qui l’a surprise, ce qui lui a manqué, ce qu’elle changerait. Le manager s’en sert pour améliorer l’accueil et l’organisation.
- Registre unique du personnelLe registre unique du personnel liste, dans l’ordre des embauches, tous les salariés d’un établissement. Il est obligatoire dès le premier salarié (article L. 1221-13 du Code du travail) et ses mentions se conservent cinq ans après chaque départ.
- Soft skillsLes soft skills sont les qualités relationnelles et comportementales. Lesquelles comptent selon le poste et comment les évaluer en entretien.
- Solde de tout compte : contenu et délaisLe solde de tout compte est le document que l’employeur établit à la fin de tout contrat de travail pour faire l’inventaire des sommes versées au salarié. Signé et non dénoncé dans les six mois, il devient libératoire pour les sommes qui y figurent (article L. 1234-20 du Code du travail).
- Travail le dimancheLe travail le dimanche dans le commerce : repos dominical, dimanches du maire, zones touristiques, majoration et volontariat, et ce que cela change pour votre planning.
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