Entretien annuel individuel
L’entretien annuel individuel, ou entretien annuel d’évaluation, est l’échange entre un salarié et son responsable qui fait le bilan de l’année et fixe les objectifs de la suivante. La loi ne l’impose pas, mais une convention collective peut le faire.
Écrit par : Rinaily BonifacioMis à jour le :
L’entretien annuel individuel est le rendez-vous où un responsable et un salarié font le bilan de l’année écoulée et fixent les objectifs de la suivante. On parle aussi d’entretien annuel d’évaluation, d’entretien individuel annuel ou d’entretien d’appréciation. Le Code du travail ne l’impose pas : l’employeur décide de l’organiser, sauf si la convention collective de l’entreprise le rend obligatoire.
Pour un restaurant ou un magasin, il sert surtout à dire les choses une fois par an, par écrit, avant qu’un malentendu ne s’installe : ce qui a marché, ce qui doit changer, et ce que chacun attend de l’année qui vient.
L’entretien annuel est-il obligatoire ?
L’entretien annuel n’est pas une obligation du Code du travail. Service-public.fr le résume ainsi : dans le cadre de son pouvoir de direction, l’employeur peut mettre en place des entretiens d’évaluation, mais ce n’est pas une obligation. Deux situations changent la donne :
la convention collective applicable prévoit des entretiens d’évaluation : l’employeur respecte alors ce qu’elle fixe, qu’il s’agisse de la périodicité, du contenu ou de l’information des salariés ;
l’employeur a mis les entretiens en place : tous les salariés doivent en bénéficier, et un salarié ne peut pas refuser le sien, son refus pouvant être sanctionné.
Dans les entreprises de 50 salariés et plus, le CSE est informé et consulté avant la mise en œuvre de ces entretiens (service-public.fr). Chaque salarié est informé à l’avance des méthodes d’évaluation utilisées à son égard (article L. 1222-3 du Code du travail). Ces règles sur la manière d’évaluer, les critères admis et la contestation sont détaillées dans notre article sur l’entretien d’évaluation.
Entretien annuel et entretien professionnel : deux rendez-vous différents
Le seul entretien imposé par la loi à toutes les entreprises est l’entretien professionnel, devenu entretien de parcours professionnel : un premier au cours de la première année qui suit l’embauche, puis tous les quatre ans (article L. 6315-1). Il porte sur les compétences, la formation et les souhaits d’évolution, et la loi précise qu’il ne porte pas sur l’évaluation du travail du salarié. L’entretien annuel regarde au contraire le travail de l’année et ses résultats.
Entretien annuel | Entretien de parcours professionnel | |
|---|---|---|
Obligatoire | Non, sauf convention collective | Oui, dans toutes les entreprises |
Rythme | En principe chaque année ; l’employeur peut en choisir un autre, tous les six mois par exemple | Dans la première année après l’embauche, puis tous les quatre ans |
Sujet | Le travail de l’année, les résultats, les objectifs | Les compétences, la formation, l’évolution |
Évaluation du travail | Oui, c’est son objet | Non, la loi l’exclut |
Trace écrite | Un compte rendu que le salarié peut consulter | Un document dont une copie est remise au salarié |
Beaucoup d’entreprises tiennent les deux le même jour, ce qui est pratique pour une brasserie qui réserve une après-midi aux entretiens. Gardez alors deux temps et deux comptes rendus : la note et les objectifs de l’entretien annuel n’ont pas leur place dans le document de l’entretien de parcours.
La trame d’un entretien annuel en six étapes
Hors convention collective qui en impose une, la trame de l’entretien annuel est libre. Celle-ci tient en trois quarts d’heure à une heure et convient à une équipe de salle comme à une équipe de magasin :
Ouvrir : rappeler le but de l’entretien, sa durée et la façon dont le compte rendu sera rédigé.
Faire le bilan de l’année : les missions, ce qui a bien marché, les difficultés, avec des faits datés plutôt que des impressions.
Reprendre les objectifs de l’an dernier un par un : atteint, partiellement atteint ou non atteint, et pourquoi.
Laisser la parole au salarié : sa charge de travail, ses horaires, ce qui l’aiderait à mieux travailler.
Fixer les objectifs de l’année et les moyens de les atteindre, formation comprise.
Conclure : relire ensemble ce qui sera écrit, noter les observations du salarié et convenir d’un point d’étape.
L’étape 4 est celle que l’on écourte le plus souvent. C’est pourtant le moment où un salarié qui s’en tient désormais au strict minimum de son contrat, ce que l’on appelle le quiet quitting, peut encore expliquer pourquoi.
Objectifs d’entretien annuel : exemples en restauration et en commerce
Un bon objectif d’entretien annuel se vérifie en fin d’année sans discussion : il dit quoi, combien et pour quand. Il porte aussi sur ce que le salarié maîtrise. Demander à une serveuse d’augmenter le chiffre d’affaires du restaurant de 10 % lui fixe un résultat qui dépend de la météo et de la carte, pas de son travail.
Poste | Objectif flou | Objectif vérifiable |
|---|---|---|
Serveuse | Améliorer le service | Tenir seule le rang de la terrasse, 8 tables, sur les services du soir d’ici juin |
Chef de partie | Mieux former les commis | Former deux commis au poste froid, autonomes avant l’ouverture de la terrasse en mai |
Vendeuse en prêt-à-porter | Vendre davantage | Proposer la carte de fidélité à chaque client en caisse et suivre le taux d’adhésion chaque mois |
Responsable de rayon | Être plus organisé | Réduire les ruptures relevées au contrôle du lundi, avec un point d’étape en mars |
Trois ou quatre objectifs suffisent pour un poste en salle ou en magasin, chacun avec son moyen : une formation, un binôme, du temps prévu dans le planning. Un objectif sans moyen revient à demander au salarié de se débrouiller.
Comment préparer son entretien annuel
Côté responsable
Préparer un entretien annuel prend souvent plus de temps que le mener. Pour chaque salarié, le responsable rassemble le compte rendu de l’an dernier, les objectifs fixés, les faits marquants de l’année et ce qui a changé dans le poste : nouveaux horaires, nouvelles tâches, formations suivies. Il convoque le salarié assez tôt pour que celui-ci puisse se préparer aussi ; service-public.fr précise qu’une convocation orale est possible, mais qu’un écrit est préférable.
Côté salarié
Pour le salarié, préparer son entretien annuel commence par une auto-évaluation honnête : deux ou trois réussites avec des exemples concrets, ce qui a coincé et ce qu’il en a tiré, puis ce qu’il souhaite pour l’année. Arriver avec des propositions précises, une formation, un changement de poste, un ajustement d’horaires, rend l’échange utile pour les deux côtés. Beaucoup d’entreprises remettent une fiche de préparation qui reprend la trame ; à défaut, les six étapes ci-dessus en tiennent lieu.
Exemple : la campagne d’entretiens annuels d’une brasserie
Une brasserie de 22 salariés organise ses entretiens annuels en janvier, quand l’activité retombe après les fêtes. Le gérant reçoit l’équipe de salle, la cheffe de cuisine reçoit la brigade.
Quand | Ce que fait la brasserie |
|---|---|
Début janvier | Une note affichée en salle de pause présente le but des entretiens, la trame et les critères retenus ; chaque salarié la reçoit aussi par message |
Deuxième semaine | Convocations écrites, dix jours avant chaque entretien, avec la fiche de préparation |
Troisième et quatrième semaines | Deux entretiens par jour, entre 15 h et 17 h, dans le creux entre le service du midi et celui du soir, sur les heures de travail de chacun |
Février | Comptes rendus relus, complétés par les observations des salariés, une copie remise à chacun |
Karim, chef de partie depuis trois ans, avait pour objectif de former deux commis au poste froid. Un seul est autonome, le second n’est arrivé qu’en octobre. L’objectif est noté comme partiellement atteint, avec cette raison, et reconduit jusqu’à la saison de terrasse. Karim demande une remise à niveau en hygiène alimentaire : la cheffe de cuisine l’inscrit au compte rendu, et la demande sera reprise lors de son prochain entretien de parcours professionnel, consacré justement à la formation.
Après l’entretien : le compte rendu
Le compte rendu garde la trace de ce qui a été dit : le bilan, les objectifs atteints ou non, ceux de l’année, les moyens accordés et les observations du salarié. Le salarié peut y accéder et demander la copie intégrale de ses résultats. Il peut refuser de le signer, sans que la validité du compte rendu soit remise en cause (service-public.fr).
La CNIL rappelle que ces résultats sont confidentiels, que seules les personnes habilitées y accèdent, et qu’ils ne sont en principe pas conservés au-delà de la présence du salarié dans l’entreprise, sauf archivage pour se prémunir d’un litige. Un point d’étape à six mois évite par ailleurs la surprise de fin d’année : en restauration, une saison suffit à rendre un objectif irréaliste.
Préparer ses entretiens annuels avec Shiftbase
Le plus long, dans une campagne d’entretiens annuels, est de retrouver ce qui s’est passé en mars. Dans Shiftbase, les notes personnelles de la fiche salarié, que seuls les responsables voient, gardent les faits marquants au fil des mois. Le compte rendu signé se range dans la même fiche, en choisissant s’il est visible par le salarié, et une date d’expiration supprime le fichier au moment que vous avez fixé. Shiftbase ne mène pas l’entretien et ne note personne : la trame et l’évaluation restent les vôtres. C’est le principe d’une gestion des ressources humaines rangée au même endroit que le planning, où vous placez aussi les créneaux d’entretien sur les heures de travail de chacun.
Questions fréquentes
L’entretien annuel n’est pas obligatoire au regard du Code du travail : l’employeur décide de l’organiser, sauf si la convention collective applicable l’impose. Une fois mis en place, il concerne tous les salariés. Le seul entretien imposé à toutes les entreprises est l’entretien de parcours professionnel, dans la première année puis tous les quatre ans.
Un salarié ne peut pas refuser l’entretien annuel que l’employeur a mis en place : service-public.fr précise que ce refus peut être sanctionné. Le salarié peut en revanche refuser de signer le compte rendu, ce qui ne remet pas en cause sa validité.
L’entretien annuel évalue le travail de l’année et fixe des objectifs ; il n’est pas imposé par la loi. L’entretien professionnel, appelé entretien de parcours professionnel, est obligatoire dans la première année puis tous les quatre ans, et porte sur les compétences, la formation et l’évolution, sans évaluer le travail (article L. 6315-1).
L’entretien annuel d’évaluation a lieu en principe une fois par an, mais l’employeur peut choisir un autre rythme, par exemple tous les six mois. Si la convention collective fixe une périodicité, c’est elle qui s’applique.
Lors de son entretien annuel, le salarié a intérêt à parler de faits : deux ou trois réussites précises, une difficulté et ce qu’il en a tiré, puis ce qu’il demande pour l’année, une formation, une évolution ou un ajustement d’horaires. Une demande d’augmentation s’appuie sur les responsabilités que le poste a prises pendant l’année.
Les objectifs d’un entretien annuel se vérifient en fin d’année : ils disent quoi, combien et pour quand, et portent sur ce que le salarié maîtrise. Pour un chef de partie, « former deux commis au poste froid avant mai » vaut mieux que « mieux transmettre ». Trois ou quatre objectifs, chacun avec un moyen, suffisent.
Le salarié ne peut pas se faire assister par un représentant du personnel pendant l’entretien annuel d’évaluation, selon service-public.fr. L’entretien se tient entre le salarié et son responsable ou l’employeur.
Termes associés
Rinaily écrit pour Shiftbase sur les RH, les plannings et la façon de bâtir des équipes où les gens ont envie de travailler. Elle transforme le désordre de la gestion du personnel en conseils applicables dès aujourd’hui.
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- Abandon de poste : que faire comme employeurIl y a abandon de poste quand un salarié quitte son travail ou ne se présente plus, sans motif légitime. Depuis la loi du 21 décembre 2022, l’employeur peut le mettre en demeure de revenir ; sans reprise dans le délai fixé, d’au moins 15 jours, le salarié est présumé démissionnaire (articles L. 1237-1-1 et R. 1237-13 du Code du travail).
- Avenant au contrat de travailUn avenant au contrat de travail est un écrit signé par l’employeur et le salarié qui modifie le contrat. Il est nécessaire dès que l’employeur veut changer un élément essentiel, comme la rémunération, la durée du travail ou la qualification.
- CDD d’usage : règles du contrat d’extraLe CDD d’usage, aussi appelé CDDU ou contrat d’extra, est un CDD réservé à certains secteurs, dont l’hôtellerie et la restauration, pour des emplois temporaires par nature. Il ne donne pas lieu à la prime de précarité ni au délai de carence, mais il reste un CDD écrit, avec un motif précis (articles L. 1242-2 et D. 1242-1 du Code du travail).
- Livret d’accueil : contenu et exempleLe livret d’accueil est le document remis au nouveau salarié pour qu’il trouve seul les réponses pratiques de ses premières semaines : organisation, planning, pointage, sécurité, règles et contacts. Aucun texte ne l’impose, mais il renvoie à plusieurs obligations de l’employeur.
- Nombre d’heures de travail par moisPour un temps plein de 35 heures par semaine, un salarié travaille 151,67 heures par mois, soit 151 h 40. Le calcul est le même pour toutes les durées : heures par semaine × 52 ÷ 12.
- OffboardingL'offboarding organise le départ d'un salarié : documents de fin de contrat, solde de tout compte, passation, accès et entretien de sortie.
- OnboardingL'onboarding est l'intégration d'un nouveau salarié, de la signature du contrat à son autonomie. Étapes, obligations légales et un exemple en restauration.
- Rapport d’étonnement : trame et exempleLe rapport d’étonnement est un court document qu’une nouvelle recrue rédige après quelques semaines : ce qui l’a surprise, ce qui lui a manqué, ce qu’elle changerait. Le manager s’en sert pour améliorer l’accueil et l’organisation.
- Registre unique du personnelLe registre unique du personnel liste, dans l’ordre des embauches, tous les salariés d’un établissement. Il est obligatoire dès le premier salarié (article L. 1221-13 du Code du travail) et ses mentions se conservent cinq ans après chaque départ.
- Soft skillsLes soft skills sont les qualités relationnelles et comportementales. Lesquelles comptent selon le poste et comment les évaluer en entretien.
- Solde de tout compte : contenu et délaisLe solde de tout compte est le document que l’employeur établit à la fin de tout contrat de travail pour faire l’inventaire des sommes versées au salarié. Signé et non dénoncé dans les six mois, il devient libératoire pour les sommes qui y figurent (article L. 1234-20 du Code du travail).
- Travail le dimancheLe travail le dimanche dans le commerce : repos dominical, dimanches du maire, zones touristiques, majoration et volontariat, et ce que cela change pour votre planning.
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