Pointeuse horaire

Une pointeuse horaire enregistre l'heure d'arrivée, de pause et de départ de chaque salarié. Fonctionnement, obligation légale, badgeuse et critères de choix.

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Une pointeuse horaire enregistre l'heure à laquelle chaque salarié commence et termine son travail, ainsi que ses pauses. Le salarié s'identifie avec un badge, un code, son téléphone ou son empreinte, et l'appareil horodate son passage. Ces relevés servent ensuite à calculer les heures travaillées, les heures supplémentaires et la paie.

« Passer à la pointeuse », c'est faire ce geste en arrivant et en partant. La pointeuse peut être un boîtier fixé au mur, une tablette posée à l'entrée du personnel ou une application sur le téléphone du salarié. Le principe reste le même ; seul le moyen de s'identifier diffère.

Comment fonctionne une pointeuse horaire

Une pointeuse reconnaît la personne et note l'heure exacte de son passage. Le pointage part ensuite vers un logiciel de gestion des temps, qui additionne les périodes de travail et les compare au planning. Les anciennes pointeuses mécaniques imprimaient l'heure sur une carte en carton, que quelqu'un recopiait en fin de mois. Sur une pointeuse reliée à un logiciel, plus personne ne recopie rien.

Prenons Hugo, commis dans une brasserie. Son planning prévoit 9 h à 15 h avec une pause de 30 minutes avant le service. Mardi, il pointe à 8 h 54, part en pause à 11 h, revient à 11 h 30 et ressort à 15 h 20 parce que la plonge a pris du retard. La pointeuse compte 2 h 06 avant la pause et 3 h 50 après, soit 5 h 56 de travail pour 5 h 30 prévues au planning.

Ces 26 minutes d'écart ne sont pas forcément toutes du temps de travail. Si Hugo s'est mis aux épluchages à 8 h 54, les six minutes en font partie. S'il a pointé puis pris un café au comptoir, elles n'en font pas partie. Le Code du travail définit le temps de travail effectif comme le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l'employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles (article L. 3121-1). La pointeuse donne l'heure, le responsable valide ce qu'elle représente.

Pointeuse physique ou pointeuse virtuelle

La pointeuse physique est un terminal fixé au mur, le plus souvent près de l'entrée du personnel. Le salarié y passe un badge ou une carte, tape un code ou pose son doigt. Elle convient bien à un site unique où toute l'équipe arrive par la même porte. Il faut l'acheter, l'installer, la brancher et la relier au logiciel qui traite les heures.

La pointeuse virtuelle est un logiciel. Sur une tablette partagée, chaque salarié pointe avec son code personnel. Sur son propre téléphone, il pointe depuis une application, et l'employeur peut limiter le pointage à l'adresse du site. Rien n'est fixé au mur, ce qui simplifie la vie d'une enseigne à plusieurs points de vente ou d'une équipe qui ne commence pas sa journée au même endroit.

Beaucoup d'entreprises mélangent les deux, par exemple un terminal à l'entrée de l'entrepôt et l'application pour les livreurs. L'article sur le système de pointage compare toutes les méthodes, de la feuille papier à la géolocalisation, et dit laquelle convient à quel type d'entreprise.

Pointeuse ou badgeuse : quelle différence ?

Une badgeuse est une pointeuse qui fonctionne avec un badge, c'est-à-dire une carte RFID, une carte magnétique ou un porte-clés que le salarié présente au lecteur. Toute badgeuse est donc une pointeuse, alors qu'une pointeuse à code PIN ou une application mobile se passe de badge. Dans la conversation, les deux mots s'emploient l'un pour l'autre.

Le badge d'accès aux locaux, lui, n'est pas une badgeuse horaire. La CNIL rappelle que les données d'un dispositif ne doivent pas être utilisées à d'autres fins que celles pour lesquelles il a été installé. Un badge mis en place pour la sécurité du bâtiment ne peut donc pas servir à vérifier les horaires des salariés. Pour contrôler les horaires avec des badges, il faut un dispositif installé dans ce but et des salariés informés de cet usage.

La pointeuse horaire est-elle obligatoire ?

Non, le Code du travail n'impose aucun appareil. Il impose en revanche de savoir combien d'heures chacun a travaillé, et c'est pour cela que tant d'entreprises finissent par s'équiper.

L'employeur affiche les heures auxquelles commence et finit le travail, ainsi que les heures et la durée des repos (article L. 3171-1). Lorsque les salariés d'un service ou d'un atelier ne travaillent pas tous selon le même horaire collectif, il établit pour chacun les documents nécessaires au décompte de la durée du travail (article L. 3171-2). Ce décompte se fait chaque jour, en enregistrant les heures de début et de fin de chaque période de travail ou le nombre d'heures effectuées, et chaque semaine, en totalisant les heures de la semaine (article D. 3171-8).

Ces documents restent à la disposition de l'inspection du travail pendant un an (article D. 3171-16). En cas de litige sur les heures, l'employeur fournit au juge les éléments qui justifient les horaires réellement effectués. Si le décompte passe par un système d'enregistrement automatique, celui-ci doit être fiable et infalsifiable (article L. 3171-4).

En restauration ou en commerce, où les horaires changent d'un salarié à l'autre et d'une semaine à l'autre, ce décompte individuel est la situation normale. Le texte ne cite aucun outil : une feuille de temps tenue chaque jour peut suffire, et la pointeuse évite surtout de la recopier. Qui doit décompter quoi, et comment corriger un oubli, est détaillé dans l'article sur le pointage.

Et à partir de 2027 ?

La date de 2027 qui circule vient de Belgique, où le gouvernement a annoncé un enregistrement obligatoire du temps de travail à partir de 2027. Cette annonce belge ne s'applique pas aux employeurs établis en France.

Côté européen, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé le 14 mai 2019 (affaire C-55/18, CCOO contre Deutsche Bank) que les États membres doivent imposer aux employeurs un système objectif, fiable et accessible permettant de mesurer la durée du temps de travail journalier de chaque travailleur. La Cour laisse à chaque État le soin d'en fixer les modalités, en particulier la forme du système.

En France, les versions en vigueur des articles L. 3171-2 (2018) et D. 3171-8 (2008) sont antérieures à cet arrêt. Au 25 octobre 2026, elles visent toujours les salariés qui ne suivent pas le même horaire collectif. Elles ne fixent aucune échéance en 2027 et n'imposent aucun appareil.

Passer à la pointeuse : à quels moments pointer

Avec une pause dans la journée, un salarié pointe en général quatre fois : à l'arrivée, au début de la pause, à son retour et au départ. Les pointages de pause ont leur importance, car le temps pendant lequel le salarié peut vaquer librement à ses occupations personnelles n'entre pas dans la définition du temps de travail effectif (article L. 3121-1).

Reste la question du vestiaire, fréquente en cuisine : faut-il pointer avant ou après s'être changé ? L'article L. 3121-3 ne fixe pas le moment du pointage. Il prévoit des contreparties, en repos ou en argent, pour le temps d'habillage et de déshabillage lorsque le port d'une tenue de travail est imposé et que le salarié doit se changer dans l'entreprise ou sur le lieu de travail.

Une pointeuse placée avant le vestiaire fait apparaître ce temps dans les heures pointées. Placée en cuisine, elle ne le montre pas, et les contreparties se suivent à part. Dans les deux cas, écrivez la règle pour que toute l'équipe pointe au même endroit du parcours.

Ce qu'il faut vérifier avant de choisir une pointeuse

Le bon appareil se choisit d'après la façon dont votre équipe arrive au travail. Avant de comparer des offres, passez ces points en revue :

  • Où vos salariés commencent leur journée. Un site avec une seule entrée du personnel se prête à un terminal fixe. Plusieurs sites, ou des salariés qui changent de lieu, demandent une pointeuse sur tablette ou sur téléphone.

  • Comment chacun s'identifie. Un badge se prête, un code aussi. La comparaison avec le planning de chacun fait apparaître le pointage fait pour un collègue : quelqu'un qui pointe un jour de repos se repère tout de suite.

  • Si l'appareil utilise la biométrie. La CNIL juge excessif, et contraire au principe de minimisation, le contrôle des horaires par des dispositifs biométriques ou par une photo prise à chaque pointage.

  • Ce que deviennent les pointages. Vérifiez qu'ils arrivent dans le logiciel où vous faites le planning, et que les heures en sortent prêtes pour la paie, avec les majorations et les pauses déjà comptées.

  • La trace des corrections. Demandez si une correction de pointage garde l'heure d'origine et le nom de la personne qui l'a corrigée.

  • L'information des salariés. Selon la CNIL, chaque salarié doit être informé du dispositif de manière claire, et les représentants du personnel devraient être informés ou consultés avant son installation.

Le prix suit ce choix. Un terminal s'achète, s'installe et s'accompagne souvent d'un logiciel payant, alors qu'une pointeuse virtuelle tourne sur une tablette ou des téléphones que vous avez déjà. Les tarifs bougent vite. Comparez plutôt le coût sur trois ans, matériel, licences et temps passé à corriger les heures compris.

La pointeuse dans Shiftbase

Avec Shiftbase, tout appareil doté d'un navigateur devient une pointeuse. Le Kiosk s'ouvre sur une tablette à l'entrée ou sur un vieil ordinateur au vestiaire, et chaque salarié pointe avec son code PIN personnel. Il n'y a rien à installer et aucun matériel à acheter. Certains clients ouvrent même le Kiosk directement dans leur logiciel de caisse.

Les salariés qui préfèrent leur téléphone pointent dans l'application pointeuse de Shiftbase, et vous limitez le pointage à votre site par géolocalisation ou par adresse IP fixe. Une pointeuse à badge ou une caisse que vous utilisez déjà se connecte à Shiftbase, et ses pointages arrivent avec les heures travaillées.

Les pointages s'affichent en direct à côté du planning : vous voyez qui a commencé, qui est en pause et qui est en retard. Une sortie non pointée est signalée le jour même, quand le service est encore frais dans les têtes. Majorations de nuit et du week-end, déduction des pauses et compteurs d'heures en plus ou en moins se calculent au fil des pointages, et vous exportez des heures prêtes pour la paie.

Questions fréquentes

Une pointeuse horaire reconnaît le salarié grâce à un badge, un code PIN, son téléphone ou une donnée biométrique, puis enregistre l'heure exacte de son passage. Les pointages d'arrivée, de pause et de départ partent vers un logiciel qui calcule les heures travaillées et les compare au planning.

Une badgeuse est une pointeuse qui fonctionne avec un badge, une carte ou un porte-clés que le salarié présente au lecteur. Le mot pointeuse est plus large : il couvre aussi les terminaux à code PIN, les tablettes partagées et les applications de pointage sur téléphone.

Les différents types de pointeuses sont la pointeuse mécanique à cartes, la badgeuse, le terminal ou la tablette à code PIN, la pointeuse biométrique et l'application de pointage sur téléphone. Pour la biométrie, la CNIL juge excessif son usage pour contrôler les horaires.

Utiliser une pointeuse horaire n'est pas obligatoire en France, car le Code du travail n'impose aucun appareil. L'employeur doit en revanche décompter chaque jour les heures des salariés qui ne suivent pas le même horaire collectif (articles L. 3171-2 et D. 3171-8), sur papier, sur tableur ou avec une pointeuse. Les règles du pointage des heures précisent qui est concerné.

Avoir une pointeuse ne devient pas obligatoire en France en 2027 : les articles du Code du travail sur le décompte des heures ne fixent aucune échéance pour cette année-là. La date de 2027 vient d'une annonce du gouvernement belge sur l'enregistrement du temps de travail. Au niveau européen, la CJUE a jugé le 14 mai 2019 (affaire C-55/18) que les États membres doivent imposer un système objectif, fiable et accessible de mesure du temps de travail journalier, en leur laissant le choix de sa forme.

Le moment où l'on passe à la pointeuse par rapport au vestiaire n'est pas fixé par l'article L. 3121-3 du Code du travail, qui traite du temps d'habillage. Cet article prévoit des contreparties, en repos ou en argent, quand une tenue de travail est imposée et qu'il faut se changer sur le lieu de travail. Écrivez une règle unique pour toute l'équipe.

Le prix d'une pointeuse pour une entreprise dépend du matériel, du logiciel qui l'accompagne et du nombre de salariés. Un terminal s'achète et s'installe, alors qu'une pointeuse virtuelle fonctionne sur une tablette ou des téléphones que l'entreprise possède déjà, sans matériel à acheter.

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